Bannir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle, banir, « annoncer à son de trompe, à cri public » ; XIII e siècle, au sens de « exiler ». De l'ancien bas francique * bannjan, « proclamer, convoquer des troupes » .
1. Condamner quelqu'un à quitter son pays, sa patrie, ou lui en interdire l'entrée. Bannir à temps, à perpétuité. On a abrogé la loi qui bannissait de France les héritiers directs des anciennes familles régnantes.
2. Ne plus admettre dans une société. Tombé en disgrâce, il fut banni de la cour. Bannir de sa table, de ses jeux. Par ext. Rejeter quelque chose. Bannir le luxe de sa maison. Bannir de sa conversation les mots grossiers. Un mot banni du dictionnaire.
3. Fig. Écarter de son esprit. Devant lui, bannissez toute crainte.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Condamner une personne à sortir d'un pays, à être chassée ou transportée hors d'un territoire, avec défense d'y rentrer. "Bannir à temps. Bannir à perpétuité. Il fut banni de sa patrie. On l'a banni du pays."
Par extension, il signifie, en parlant des choses aussi bien que des personnes, Expulser, éloigner, exclure. "Il faut les médisants des bonnes compagnies. C'est un fripon que l'on a banni de toutes les maisons honnêtes. Homme banni de partout. Bannir le luxe. Bannir le vice, le mensonge. Il a banni de son ouvrage les expressions trop techniques. Cette contrainte ait tout agrément de notre société. Craignez de la paix de votre ménage."
"Se d'un lieu, d'une maison, d'une société," Cesser ou s'abstenir d'y aller, quoique à regret.
Il signifie figurément Éloigner de son âme, de son souvenir. "Bannir toute crainte, toute honte. Bannir le chagrin de son esprit. Bannissez les scrupules. Bannir un ingrat de sa mémoire."
Le BANNI, IE, est aussi employé comme nom. "Obtenir le rappel d'un banni. Rappeler des bannis."
Fig., "Il est banni de partout" se dit de Celui à qui le mépris qu'il inspire ferme toutes les portes.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Chasser d'un pays, exiler. Les Tarquins furent bannis. Un décret le bannissait de l'Italie.

 2   Éloigner d'un lieu, éloigner de quelqu'un, exclure. Vous le bannissez de votre présence. Je le ai de ma maison.
RAC.: « La fuite d'une cour que sa chute a bannie »
RAC.: « Seigneur, bannissez-le loin d'elle »
RAC.: « Je brûle, je l'adore, et loin de la .... »
CORN.: « Mais, seigneur, étant seuls, je parle avec franchise ; Bannissant les témoins, vous me l'avez permise »

 3   Fig. Éloigner, supprimer, ôter. Bannir de son âme tout souci. Il a banni le souvenir de vos bienfaits. L'inquiétude bannissait le sommeil. La crainte bannit la pitié.
VERTOT: « Que par des lois si équitables le peuple ait pour toujours la pauvreté, la jalousie et la discorde »
RAC.: « Mais bannissez, madame, une inutile crainte »
RAC.: « Mais il ne put sitôt en la pensée »

 4   Se , v. réfl. S'exiler. Il s'était banni de son pays.
RAC.: « De l'univers entier je voudrais me »
    S'éloigner de, ne pas fréquenter. Se de la société, du monde.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Ronc. p. 177: En sa grant ost fait banir [publier un ban] et crier
AUDEFR. LE BAST.: « Et Sabine, à tousjours, de la terre est banie »
     Th. le mart. 66: Encore aveit li reis comandé e bani Que, se en tute sa terre eüst clerc si hardi Qui à Rome apelast al lues le rei Henri, Sereient erranment tuit si chazel saisi
    XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Cil qui sont bani sor la hart du roiaume »
BEAUMANOIR: « S'il est puis repris, il doit estre justiciés selonc le meffet par quoi il est banis »
BEAUMANOIR: « Por ce qu'il est banis ou por guerre ou por poverte »
BEAUMANOIR: « Se li rois rapele aucun bani.... »
     Bibl. des Chartes, 2e série, t. III, p. 423: Les noms de ceus que nous aviemes novielement banis de no vile
    XIVème siècle
     Guesclin. 17172: Assez [il] nous bannissoit de France le roion, Puisqu'il nous en voioit hors de la region
BEAUMANOIR: « Laiens y ot pillars qui firent à blasmer ; Et maint bani aussi pooit-on là trouver »
    XVème siècle
FROISS.: « Et avoient esté tous deux bannis et enchassés hors d'Angleterre avec la roine »
    XVIème siècle
CALVIN: « Celui qui se veut exempter de recevoir la cene comme indigne, se bannit de prier Dieu »
AMYOT: « Luy reprochant que pour argent il rappelloit beaucoup de bannis »
AMYOT: « Craignant qu'il ne fust banny du ban de l'ostracisme »
AMYOT: « Lycurgus bannit l'or et l'argent de Lacedaemone »
AMYOT: « Comme si c'est un confinement où les ames fussent releguées et bannies »

ÉTYMOLOGIE
    Ban ; picard, bennir ; provenç. et espagn. bandir ; ital. bandire.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Condamner une personne à sortir d'un pays, à être chassée ou transportée hors d'un territoire, avec défense d'y rentrer. "Bannir à temps. Bannir à perpétuité. D'après nos lois actuelles, on ne peut être banni qu'à temps, c'est-à-dire, pour cinq ans au moins et dix ans au plus. Il fut banni de la ville, de sa patrie. On l'a banni du pays, du royaume."
Il signifie, par extension, Expulser, éloigner, exclure. "Il faut les médisants des bonnes compagnies. C'est un fripon que l'on a banni de toutes les maisons honnêtes."
"Se d'un lieu, d'une maison, d'une société," Cesser ou s'abstenir d'y aller, quoique à regret.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit figurément, en parlant De diverses choses, dans une acception analogue à la précédente. "Bannir le luxe. Bannir le vice, le mensonge. Il a banni de son ouvrage les expressions trop techniques. Cette contrainte ait tout agrément de notre société. Craignez de la paix de votre ménage."
Il signifie particulièrement, Éloigner de son âme, de son souvenir. "Bannir toute crainte, toute honte. Bannir le chagrin de son esprit. Bannissez les scrupules. Bannir un ingrat de sa mémoire."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Condamner par autorité de Justice à sortir d'un État, d'une Province, d'un Ressort, etc. "Bannir à son de trompe. Bannir à temps. Bannir à perpétuité. Bannir d'un Ressort. Bannir du Royaume".
Il signifie aussi, Chasser, éloigner, exclure. "Il faut les médisans des bonnes compagnies. Bannissons les fripons de notre société". Et on dit, "Se d'une compagnie," pour dire, S'abstenir d'y aller.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Bannir, dans le sens d'éloigner de soi, se dit figurément De diverses choses. "Bannir le vice. Bannir toute crainte, toute honte. Bannir le chagrin de son esprit. Bannir un ingrat de sa mémoire".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Condamner par autorité de Justice à sortir d'un État, d'une Province, d'un Ressort, &c. "Bannir à son de trompe. Bannir à temps. Bannir à perpétuité. Bannir d'un Ressort. Bannir du Royaume."
Il signifie aussi, Chasser, éloigner, exclure. "Il faut les médisans des bonnes compagnies. Bannissons les fripons de notre société." Et on dit, "Se d'une compagnie," pour dire, S'abstenir d'y aller.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



dans le sens d'Éloigner de soi, se dit figurément De diverses choses. "Bannir le vice. Bannir toute crainte, toute honte. Bannir le chagrin de son esprit. Bannir un ingrat de sa mémoire."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


"ou" BANIR, v. act. ["Bani", 1re br.] 1°. Condamner par autorité de Justice à sortir d'un Etat, d'une Province, d'un Ressort.
- 2°. Chasser, éloigner, exclûre. 'On "l'a banni de" cette société.
- 3°. Eloigner de soi avec le régime des chôses. '"Bannir le" chagrin, "la" honte, "la" crainte; "bannir" une idée "de" son souvenir.
   "Rem." "Bannir" et "bannissement", se disent des condamnations faites en Justice, et d'après les formalités légales: "exiler" et "exil", d'un éloignement de quelque lieu ordoné par le Gouvernement. 'Les..... n'"ont" pas été "banis", mais "exilés".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Exiler, faire sortir par authorité de justice, d'un Estat, d'une Province, d'un Ressort &c. "Bannir à son de trompe. à perpetuité. d'un Ressort. du Royaume".
Il se prend fig. pour Chasser, esloigner. "Il faut les mesdisants des bonnes compagnies. bannissons les fripons de nostre societé. le vice. toute crainte, toute honte. le chagrin de son esprit. un ingrat de sa memoire".
On dit, "Se d'une compagnie," pour dire, S'abstenir d'y aller.




Emplacement dans le dictionnaire :

banlieüe
bannasse
banneau
bannelle
banner
banneret
banni
banniere
bannière

bannissable
bannissement
banquais
banque
banquer
banqueroute
banqueroutier
banquet
banqueter
banquette
banquier




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...signification propre, une signification de position. Ainsi le langage devient plus clair, plus maniable, plus sûr ; il donne, avec le moindre effort, le rendement le plus haut. Il ne s'agit pas de bannir les termes techniques, il s'agit de ne pas traduire en grec les mots légitimes de la langue française et de ne pas appeler céphalalgie le mal de tête. le français, tout aussi bien que le grec et...


Citation n°2 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...la vie prise à plein et dans sa vérité, la vertu se traduisant dans les manières par l'aménité et la grâce. Les républicains prétendus austères se font une étrange illusion, en croyant qu'on peut bannir de l'humanité l'idée de majesté. Mieux vaudrait l'ancienne idolâtrie, entourant de splendeur quelques individus, que cette pâle vie où la majesté de l'humanité ne serait pas représentée. Mais il...


Citation n°3 de Armand SULLY PRUDHOMME (La Justice)

...séculaire fait de pavés croulants, de trônes effondrés, qu'entre vous ont dressé la peur et la colère ? Une voix. Je sais, je sais quel souvenir t'obsède et t'assombrit encore : le plus difficile à bannir est toujours celui qu'on abhorre. L'histoire sans sérénité n'est pourtant qu'une calomnie ; vois d'assez haut l'humanité pour en embrasser l'harmonie ; pour y mieux juger, de moins près, l'ordre...


Citation n°4 de Auguste BARBIER (Iambes et poèmes)

...est-il possible, ô toi dont le genou puissant sur le globe nouveau berça l'homme naissant ! Que tu laisses meurtrir ta céleste mamelle par les lourds instruments de la race mortelle ? Que tu laisses bannir ta suprême beauté des murs envahissants de l'humaine cité ? Et que tu ne sois plus, comme dans ta jeunesse, notre plus cher amour, cette bonne déesse qui, mêlant son sourire à nos simples travaux,...


Citation n°5 de Léon DIERX (Poèmes et poésies)

...aux surprises du vent. Qu'importe l'horizon ? Sans rappels en arrière, le fort ne se résout jamais à la prière. Que peut-il espérer, celui qu'un souvenir étreint plus qu'un remords, et qui ne peut bannir le mirage infécond de sa jeunesse vaine ; qui lui-même resserre autour de lui sa chaîne, dans sa prison factice est son propre geôlier, et, n'osant pas mourir, ne veut pas oublier ? Depuis trois...


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